Qu’est-ce que les Bambusoideae et comment poussent-elles ?

Low angle shot highlighting lush green bamboo stalks in natural focus. Un gros plan en contre-plongée mettant en évidence des tiges de bambou vert luxuriant en mise au point naturelle.

Ce que vous devez savoir sur les Bambusoideae

  • Les Bambusoideae regroupent plus de 1 600 espèces réparties dans environ 115 genres à travers le monde
  • Deux types de rhizomes existent : les rhizomes léptomorphes traçants (Phyllostachys) et les rhizomes pachymorphes touffants (Dendrocalamus)
  • Un rhizome léptomorphe de Phyllostachys edulis peut progresser de 3 à 5 mètres par an, exigeant une barrière de protection de 60 cm minimum
  • La plupart des bambous fleurissent une seule fois après 60 à 120 ans, puis meurent après la floraison
  • Phyllostachys edulis détient le record de croissance rapide avec 91 cm en 24 heures

Bambusoideae : un nom qui sonne comme un sortilège botanique. Derrière ce terme se cache la sous-famille des bambous, un groupe de graminées à part entière, radicalement différent de ce que la plupart des jardiniers imaginent. Pas une plante exotique de décoration de terrasse. Un organisme végétal avec une architecture, une biologie et un comportement qui méritent qu’on s’y attarde sérieusement.

Les Bambusoideae regroupent plus de 1 600 espèces répertoriées, réparties dans environ 115 genres à travers le monde, selon les données du Royal Botanic Gardens de Kew. C’est colossal. Et pourtant, la plupart des jardiniers en France ne connaissent que deux ou trois noms de genre. Il y a là un manque à combler.

Qu’est-ce que la classification taxonomique des bambous ?

Classification taxonomique des Bambusoideae

La classification taxonomique bambou place les Bambusoideae comme sous-famille des Poaceae, la grande famille des graminées. Même famille que le blé, le maïs ou le gazon de votre pelouse. Surprenant, non ?

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À l’intérieur des Bambusoideae, on distingue trois tribus principales : les Bambuseae (bambous tropicaux ligneux), les Olyreae (bambous herbacés tropicaux) et les Arundinarieae (bambous tempérés ligneux). Chacune a ses propres exigences climatiques et son comportement racinaire.

🌿 À retenir : les Bambusoideae ne forment pas un groupe uniforme. Entre un bambou tropical géant du genre Dendrocalamus et un bambou tempéré du genre Arundinaria, il y a autant de différences qu’entre un chêne et un roseau.

Cette diversité explique pourquoi planter un bambou « au hasard » sans connaître son genre peut virer au cauchemar. Le rhizome bambou du genre Phyllostachys court sous terre à des vitesses redoutables. Celui d’un bambou touffant reste bien sage dans son pot ou sa plate-bande.

Morphologie bambou : comment est construit un bambou ?

La morphologie bambou repose sur trois éléments fondamentaux : le chaume, le rhizome et les feuilles. Comprendre ces trois structures, c’est comprendre pourquoi le bambou se comporte comme il se comporte.

Le culm : la tige que tout le monde voit

Le culm bambou désigne la tige principale, creuse et segmentée par des noeuds. Sa croissance est spectaculaire : certains chaumes de bambou géant du genre Dendrocalamus giganteus atteignent 30 mètres de hauteur en conditions optimales, d’après le Bamboo Research Institute de Chine. La croissance rapide bambou tient au fait que le culm ne grossit pas après sa sortie de terre. Sa largeur finale est déterminée dès le départ, dans le rhizome. Il grandit seulement en hauteur, parfois de plusieurs dizaines de centimètres par jour au printemps !

Le rhizome : la vraie vie du bambou

Le rhizome bambou est la partie souterraine qui génère les nouveaux chaumes. Il en existe deux types, et confondre les deux est l’erreur la plus commune que je vois chez les jardiniers débutants.

  • Rhizomes léptomorphes (traçants) : longs, fins, ils s’étalent loin du pied-mère. C’est le comportement des genres Phyllostachys et Pseudosasa. Un bambou non clumping par excellence.
  • Rhizomes pachymorphes (touffants) : courts et épais, ils restent groupés. C’est le comportement des genres Dendrocalamus et de la plupart des bambous tropicaux.
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Croissance et système racinaire des Bambusoideae

💡 Chiffre clé : un rhizome léptomorphe de Phyllostachys edulis peut progresser de 3 à 5 mètres par an dans un sol meuble et fertile, selon les observations du Conservatoire National du Bambou de Prafrance (Anduze, France). Installer une barrière anti-rhizome de 60 cm de profondeur minimum reste la seule protection efficace.

Quelles sont les principales espèces de bambou à connaître ?

Au-delà des rhizomes, les espèces de bambou se distinguent aussi par leur climat de prédilection : tempéré ou tropical.

Les genres de bambou tempéré

Le genre Phyllostachys domine les jardins européens. Phyllostachys aurea, Phyllostachys nigra (à chaumes noirs très décoratifs), Phyllostachys edulis dit « Moso » : tous sont des bambous tempérés qui supportent des hivers froids, jusqu’à -20°C pour certains cultivars. Attention : ce sont tous des bambous non clumping à surveiller.

Le genre Arundinaria, originaire d’Amérique du Nord, compte des espèces plus modestes en taille mais très résistantes. Arundinaria gigantea est la seule espèce de bambou native des États-Unis. Le genre Pseudosasa, lui, produit des bambous à feuilles larges très appréciés en haie brise-vent, comme Pseudosasa japonica.

Les genres de bambou tropical

Le bambou tropical pousse vite et grand. Le genre Dendrocalamus produit les bambous les plus imposants de la planète. Dendrocalamus asper atteint couramment 25 à 30 mètres dans les régions tropicales d’Asie du Sud-Est. Ce sont des bambous touffants, donc sans risque d’invasion. Leur point faible : ils ne supportent pas le gel.

Genre Climat Type de rhizome Hauteur moyenne
Phyllostachys Tempéré Traçant (léptomorphe) 5 à 20 m
Arundinaria Tempéré Traçant 2 à 8 m
Pseudosasa Tempéré Traçant 2 à 4 m
Dendrocalamus Tropical Touffant (pachymorphe) 15 à 30 m

Caractéristiques de croissance des Bambusoideae

La floraison du bambou : un événement rare et fatal ?


La floraison bambou est l’un des phénomènes les plus étranges du règne végétal. La plupart des Bambusoideae fleurissent une seule fois dans leur vie, après des décennies de croissance végétative. Certaines espèces attendent 60 à 120 ans avant de fleurir !

Ce qui rend ce phénomène encore plus troublant : tous les individus d’une même espèce fleurissent en même temps, partout sur la planète, quel que soit leur emplacement géographique. Après la floraison, la plante meurt. C’est le cas documenté de Phyllostachys bambusoides, dont la dernière floraison massive a été observée à l’échelle mondiale.

Ce que ça change pour vous : si vous achetez un bambou dont l’espèce est en cycle de floraison, votre plant mourra dans les années qui suivent. Renseignez-vous auprès de votre pépiniériste sur le statut de floraison de l’espèce avant tout achat d’un bambou âgé.

Bambou tempéré ou tropical : lequel planter en France ?

La question du type de rhizome étant réglée, reste le choix climatique.

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En France métropolitaine, les bambous tempérés du genre Phyllostachys sont les plus adaptés. Ils résistent au gel, poussent vite et forment des haies denses en deux ou trois saisons. Mais ils envahissent. Plante-les toujours avec une barrière anti-rhizome et surveille-les chaque printemps ! Un oeil attentif deux fois par mois suffit à contrôler les nouvelles pousses avant qu’elles ne deviennent incontrôlables.

En zones côtières méditerranéennes ou en régions très douces, certains bambous tropicaux touffants trouvent leur place. Ils sont visuellement impressionnants et ne posent aucun problème d’invasion. Mais un hiver rigoureux peut les tuer en une nuit. Ne misez pas sur eux si vos températures descendent sous -5°C régulièrement.

Pourquoi la croissance rapide du bambou mérite votre attention ?

La croissance rapide bambou n’est pas un mythe marketing. C’est une réalité biologique documentée. Le record mondial de croissance appartient à Phyllostachys edulis (le bambou Moso), avec 91 cm en 24 heures, selon les mesures effectuées par le World Bamboo Organization.

Cette vitesse s’explique par la structure même du culm. Contrairement aux arbres qui croissent en épaisseur via le cambium, le bambou pousse en hauteur grâce à des méristèmes intercalaires situés à chaque noeud. Tous ces nœuds s’allongent simultanément. Le résultat est spectaculaire !

Pour le jardinier, cette rapidité est un atout pour créer une haie ou un écran végétal en peu de temps. C’est aussi un risque si on ne cadre pas la plante dès le départ. La croissance rapide bambou exige une gestion active, pas un laisser-faire.

Les Bambusoideae forment une famille végétale à la fois cohérente et surprenante. Retenez trois points : identifiez le genre avant d’acheter, installez toujours une barrière pour les rhizomes traçants, et vérifiez le statut de floraison de l’espèce. Que vous travailliez avec un Phyllostachys, un Pseudosasa ou un Dendrocalamus, la règle reste la même : connaître la plante avant de la planter.

Élise Toussaint